Incontinence

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Incontinence

 

FAQ

 

Question : Une petite question, peut-être pourrez m'apporter vos "lumières". Mon Léo mâle de presque 7 ans devient incontinent et fait pipi à la maison, alors qu'il était propre depuis toujours. Sachant qu'il n'y a pas de femelle en chaleur à la maison (peut-être dans le voisinage), qu'il est dominé et pas dominant dans sa famille, aucun chamboulement dans sa vie et ses habitudes.  A votre avis est ce que cela pourrait être un problème de prostate ou calculs ou autre ?

Réponse : Il y a de fortes chances que cela soit un problème de prostate. Si c’est très récent et plusieurs fois en suivant, c’est comme les cystites des femelles. De toutes façons, ce n’est pas normal et il faut un contrôle vétérinaire rapidement. Si c’est un problème de prostate, la solution sera sûrement la castration.


Question en quoi consiste le mécanisme de l'incontinence urinaire après une stérilisation de la chienne? S'agit-il uniquement de lésions nerveuses intraopératoires ou d'un problème mécanique lié au fait que l'amarrage de la vessie n'est plus garanti suite au retrait de l'utérus?

Réponse : Afin que chacun  comprenne mieux cette discussion, je schématiserai volontairement certaines explications

L’incontinence urinaire chez la chienne tient donc à la superposition éventuelle de deux mécanismes :

  • le premier réside dans la diminution du nombre de récepteurs au niveau du sphincter vésical. En effet, l’expression des récepteurs du message « il faut tenir fasse à la pression urinaire qui augmente » est dépendante des œstrogènes (hormones normalement exclusivement produites par l’ovaire chez la chienne). Donc, lorsque les ovaires sont retirés, le nombre de récepteur diminue, et la « qualité de l’écoute » au niveau du sphincter vésical (la continence urinaire en l’occurrence) s’en trouve altérée…
  • le second tient au fait qu’au cours de l’intervention, il arrive que les filets nerveux qui parcourent le méso vésical soient lésés. Cette situation n’existe réellement que lorsque le chirurgien retire en même temps les ovaires et l’utérus : en tirant sur le col de l’utérus, il exerce parfois des tractions trop importantes au niveau de la vessie, qui peuvent entraîner une rupture des très minces filets nerveux qui partent de la moelle vers le col de la vessie. Traduction : les lignes téléphoniques entre le moelle épinière et le sphincter vésical sont rompue = la chienne peut toujours crier autant qu’elle le souhaite « il faudrait sérieusement penser à fermer les vannes pour qu’il n’y ait pas de fuite », les ouvriers en charge du travail n’entendront rien de l’autorité administrative compétente…

 Le premier problème est généralement pallié par l’utilisation de dérivés ostrogéniques (oestriol en particulier) administrés régulièrement pendant toute la vie de l’animal (en cure continue ou discontinue selon les besoins). Ces molécules sont étudiées pour ne pas avoir les effets secondaires de l’oestradiol sur le développement de la lignée sanguine (aplasies médullaires par exemple) et pour favoriser de façon intense l’expression des récepteurs (c'est à dire le nombre de téléphones branchés au niveau du sphincter vésical). On peut également utiliser des molécules qui tendent à augmenter le tonus du sphincter vésical, c'est à dire  la « force des ouvriers chargés de fermer les vannes ». La molécule la plus souvent utilisée est la phényl-propanolamine (en pharmacopée humaine, elle est malheureusement souvent associée à des molécules potentiellement toxiques pour le chien… attention donc au choix de la spécialité – seul le vétérinaire peut prescrire en toute sécurité).

 Le second problème relève de la technicité du chirurgien et de sa capacité à intervenir délicatement. Au-delà, il est parfois recommandé de n’envisager l’hystérectomie que si elle s’avère nécessaire (« évitons de prendre des risques si le retrait de l’utérus n’est pas strictement nécessaire »). Il est intéressant de constater qu’en Angleterre, où l’hystérectomie est très souvent pratiquée avec l’ovariectomie, la prévalence des incontinences urinaires post-castration est 3-4 fois supérieure à celle des pays pratiquant plutôt une ovariectomie seule…Samuel (2004)

 

 

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